La loi de la gravité

– version mobile

A travers des séquences très cinématographiques, Olivier Sylvestre nous immerge dans des moments forts d’une année scolaire de deux jeunes adolescents rejetés, marginaux. Ne pouvant s’enfuir vers La Ville, lieu de tous les fantasmes, Dom et Fred doivent se résoudre à rester dans Presque-La-Ville. Pour ne pas sombrer, ils devront accepter leurs différences, ensemble, et se construire intimement avec le regard méprisant des autres, regards qui peuvent détruire à cet âge complexe. S’offre alors cette quête de l’intime, à la recherche d’un équilibre.

Écrire sur ces deux adolescents, c’est évoquer la recherche de l’épanouissement, affirmer son existence-même face aux autres, contre la suprématie de la norme. Comment construire sa propre individualité au moment de l’adolescence dans une société dont les codes sociaux sont normalisés, et quand l’appartenance à un groupe répond à certains critères précis ?

Crédits : Anthony Thibault

Les personnages sont au carrefour de l’espace et du temps. A la fois dans et en dehors des événements. Les espaces qu’ils fréquentent se succèdent les uns après les autres, parfois au sein même d’une seule réplique. L’espace scénique demande une réelle simplicité, capable de représenter l’ensemble des lieux.Ils sont là, face à nous, dans cet espace scénique qui offre au spectateur la possibilité de projeter ses paysages intimes : chacun peut voir/imaginer sa Presque-La-Ville à partir de ses propres souvenirs.

Le phénomène d’identification se fait notamment par ce lieu que nous avons tous l’impression de connaître intimement.Je souhaite que Fred et Dom prennent en charge en partie les outils théâtraux pour raconter leur histoire. Utilisation des décors, des lumières ainsi que des projections d’images et de vidéos. Ils changent la disposition des éléments scéniques, s’éclairent, se prennent en photos. Nous sommes là, dans l’essence même du théâtre (raconter une histoire avec presque rien). Proche de nous.

Texte : Olivier Sylvestre

Mise en scène : Anthony Thibault
Avec : Geoffrey Dahm et Alison Valence
Collaboration artistique : Louise Dudek
Création sonore : Elisa Monteil
Création vidéo : Boris Carré

Production : Compagnie La Nuit te soupire.

Avec le soutien de l’OARA, Le Centre Intermondes de La Rochelle, Les Nouvelles Zébrures, La Colline – théâtre national, La Loge, le Lycée Maximilien Vox – Paris VIe, Mains d’œuvres.

Avec l’aide de la Spedidam, et l’Aide à la création d’ARTCENA.

Création d’une « version mobile » à La Loge à Paris, du 28 février au 3 mars 2017 dans le cadre des Nouvelles Zébrures 2017.

Ce texte est lauréat de la Commission nationale de l’Aide à la création de textes dramatiques de l’ARTCENA de novembre 2015.
Il a également été sélectionné par le comité de lecture du Tarmac en avril 2016, la Mousson d’hiver 2016 et Jeunes textes en liberté 2015.

Le texte est publié aux Editions Passage(s) Libres courts au Tarmac.

Crédits : Anthony Thibault