La grande Ourse

A travers une fable dystopique très proche de la réalité, Penda Diouf offre ici l’histoire de l’émancipation d’une femme – accusée d’avoir jeté un papier de bonbon par terre, détruite par l’humiliation d’une garde à vue musclée et délitée par la pression sociale et les mauvaises langues qui l’entourent.

Malgré une cellule familiale forte et un mari aimant, cette femme ne peut alors faire appel qu’aux forces
ancestrales, convoquant en elle une puissance jusque-là inconnue pour elle, aussi dévastatrice que salutaire : la rage.

C’est en lisant un article de journal sur la création d’un système de vidéosurveillance parlante à Londres que Penda Diouf a eu sa première inspiration. A l’époque, la municipalité avait demandé à des enfants de réagir et de réprimander via des haut-parleurs les personnes dans la rue pour lutter contre les incivilités. Étrange proposition faite à des enfants!
La lecture d’un essai de Clarissa Pinkola Estés fut une autre source riche dans l’écriture de ce texte primé par plusieurs comités de lecture. Dans FEMMES QUI COURENT AVEC LES LOUPS, l’autrice aborde en partie la question de la femme sauvage, de la femme bridée par l’éducation, la société – et revendique le droit pour chacune d’entre elles de pouvoir se libérer des contraintes et carcans.

Ici, cette rage surgit devant l’absurdité de la situation. C’est par elle que cette femme amorce une transformation en ourse – animal souvent rattaché à la rage et qui nous enseigne qu’il est possible d’être à la fois « farouche et généreux, de protéger son territoire et ses frontières tout en étant disponible ». La rage si elle se transforme – comme toute émotion, aussi brute soit-elle, peut être un véritable guide. Et cette transfiguration animiste lui permet alors d’offrir un nouveau visage, à l’acmé de qui elle est, lui donnant la force de continuer, de lutter. Pour sa survie et celle de son espèce.

TEXTE : Penda Diouf

MISE EN SCÈNE : Anthony Thibault

AVEC Armelle Abibou, Prescillia Amany Kouamé, Hovnatan Avedikian, Maïka Louakairim, Marcel Mankita, Adrien Michaux et Aho Ssan.

CRÉATION MUSICALE : Aho Ssan

VOIX OFF : Fatima Aïbout

SCÉNOGRAPHIE : Salma Bordes

COSTUMES : Marguerite Lantz

CRÉATION LUMIÈRE : Pierre Langlois

RÉGIE GENERALE : Maureen Cléret

RÉGIE LUMIÈRE : Hélène Coudrain

PRODUCTION : Compagnie La Nuit te soupire.

COPRODUCTIONS : Les Francophonies – des écritures à la scène, la MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Le Méta CDN de Poitiers, le TAP – scène nationale de Poitiers, les 3T – scène conventionnée de Châtellerault et de l’OARA.

AVEC LAIDE DE la DRAC Nouvelle-Aquitaine, de la Fondation E.C.ART Pomaret et de la SPEDIDAM.

AVEC LE SOUTIEN DE la Scène nationale d’Aubusson, Scènes de territoire / Scène Conventionnée d’Intérêt National – Agglo2b, avec le soutien en résidence de création de la vie brève – Théâtre de l’Aquarium et la participation de la Scène nationale de l’Essonne.

Texte édité aux Editions Quartett.

Texte lauréat du Comité de lecture du Théâtre de la Tête Noire,

de A Mots découverts, du Comité du Panta-Théâtre, et du Collectif ALT.

Texte lauréat du Prix du Jury du Festival Text’Avril 2019 du Théâtre de la Tête Noire, du Prix Collidram 2021, et du Prix du comité francophone Eurodram 2022.

Nominations au Prix lycéens Emergences 2018, et au Prix Sony Labou Tansi 2022.